ASPLAN (2009)

Travailleurs sans papiers: la précarité interdite

Les Mondes du Travail 7:49-60.

En réponse aux critères restrictifs imposés par le gouvernement, qui réaffirment paradoxalement une norme d’emploi standard au moment même où se poursuit la politique néolibérale de fragilisation des salariés sur le marché du travail, les grèves de travailleurs sans papiers se sont d’abord appuyées sur les salariés les plus intégrés présentant les propriétés les plus « légitimes ». L’extension du mouvement à des travailleurs plus précaires a impliqué pour les syndicats une double stratégie : une tentative de sortie de la forme d’emploi atypique par la pression sur les employeurs ; une tentative de reconnaissance de la forme d’emploi atypique comme voie d’accès possible et « normale » à la régularisation par la pression sur les pouvoirs publics.