Pierre Barron, Anne Bory, Sébastien CHauvin, Lucie Tourette (2010)

L’intérim en grève: la mobilisation des travailleurs sans papiers intérimaires.

Savoir/Agir 12 (June): 19-26.

“La notion de grève suppose qu’il s’agisse de salariés de l’entreprise, ce qui n’est établi par aucune pièce et est invérifiable dès lors qu’à chacune des interventions de l’huissier (constats et significations) les occupants ont refusé de décliner leur identité ou ont donné des noms de fantaisie (14 des assignés à cette audience ayant tous déclaré se nommer « Bernard Thibault »).”  — Ordonnance de référé, TGI d’Orléans, 1er décembre 2009 —

La grève des intérimaires révèle la nature ambiguë des relations salariales dans ce secteur, et pas seulement pour les sans-papiers. À la faveur du mouvement, l’ambiguïté se mue en controverse. Elle pose d’une part la question de la qualification professionnelle de grèves destinées à d’abord faire pression sur le gouvernement pour obtenir un texte de régularisation et ensuite demander aux employeurs de signer des promesses d’embauche, et d’autre part la question de l’exercice du droit de grève pour des travailleurs intérimaires, qu’ils soient avec ou sans papiers.