Bruno Cousin, Sebastien Chauvin (2010)

La dimension symbolique du capital social:
Les grands cercles et Rotary Clubs de Milan

Sociétés Contemporaines, 77, 2010, p.111-117.

Les cercles et clubs bourgeois des métropoles européennes ont jusqu’ici surtout fait l’objet de monographies isolées. Le cas milanais permet de passer à une analyse relationnelle : les institutions de gestion collective du capital social des classes dominantes y forment en effet un espace de jeu et de différentiation relativement autonome et cohérent.L’opposition concerne les origines historiques, la composition sociale, les formes de fonctionnement et les modalités d’adhésion, mais elle porte aussi sur les critères particuliers auxquels fait appel chaque institution de sociabilité pour organiser, mobiliser, décrire et légitimer les liens qu’elle tisse entre ses membres, ainsi que pour se distinguer de ses concurrentes. L’analyse met en évidence la manière dont la représentation du capital social contribue à sa réalité : elle fait apparaître qu’une partie de son efficacité découle de la valeur distinctive de la forme sous laquelle il se présente et des catégories symboliques qui accompagnent ses usages. Elle suggère que le débat sociologique sur le capital social doit prendre en compte ces jeux de distinction qui définissent son objet, et dans lesquels il est lui-même pris.